Chronique d'un coeur à Gaza

Je me sens indigne et impuissante  

Dans une époque à la dérive  

Un metaverse méprisant

Une grande négation collective  

 

Je sais pas comment lutter

Je sais pas quoi faire de mon âme  

Je ne sais pas regarder

Un massacre de masse  

 

Je ne sais que trembler  

Contempler l’inertie  

Scroller pour pas pleurer

Continuer ma vie

 

Hitler peut se rassurer  

Il y a de la concurrence ici bas

Quand tout le monde sera mort  

Ça nous fera une belle jambe  

De savoir si fallait dire génocide ou pas

 

On a mis le temps à saisir  

Qu’un enfant sous les bombes c’est triste

Même quand il est arabe

Faut croire que dans mon pays

L’empathie ne fonctionne qu’à géométrie variable

 

Quand des débats immondes  animent la place public

Vous avez pas vu la décence ?  

Je crois qu’elle a péri

dans le braquage sémantique.  

 

Un jeune musulman crève en allant prier

Mais ca c’est pas important  

Réfléchissons : le terme d’islamophobie est-il vraiment approprié ?

Massacre d’innocents  

Propagandes racistes

Destruction du vivant

Finalement y a une suite logique

 

Mais À chaque grain de peau

que le froid transperce

À chaque ventre qui gronde

et que la faim assiège

 

À chaque bébé qui manque de soins

À chaque maman qui perd les siens

À chaque camion bloqué

Chaque journaliste assassiné    

 

À chaque élan de liberté  

À chaque sourire arraché    

À chaque parole méprisante

À chaque propos fasciste    

 

À chaque manif prohibée  

À chaque silence complice  

À chaque lâcheté

À chaque outrance

 

À chaque langue muselée

À chaque boulevard offert à l’indécence

À chaque dernier souffle,

Chaque cœur qui s’éteint.  

 

À chaque prière qui s’élève au loin.  

A chaque larme versé qui supplie que le ciel l’entende.  

A chaque averse qui n’attend plus que le ciel se fende.

C’est pas Gaza qui pleure

C’est notre humanité.  

 

C’est pas gaza qui meurt

C’est le monde entier.

Ce qu’on est en train de creuser  

C’est notre fausse commune  

 

Les frontières sont des bouts de papier

Mais, croyons bien que le karma passe les murs

On aurait pu croire qu’on allait  apprendre de l’histoire  

 

Ainsi soit l’homme et son orgueil

Ses valeurs dérisoires  

Non ce n’est pas loin de nous.  

Détrompons-nous

Gaza c’est nous.  

Le soleil se lèvera bien un jour.