Enat enat እናት እናት


De mon ventre, je tisse, des cordes. .

Celles qui nous lient et vous mettent debout.

Autant de cordons qui vous tirent - vous voient grandir.

Vous rattrape avant la chute, sur un fil, funambule.

Sur ces cordes je me hisse.

Vous  apprend. Me prends les pieds aussi, souvent.

Trébuche sur mes contradictions. Épousées à m’en épuiser.

Noctambule. 

Chez moi la paix ne vient que par saison.

 

Mon sang bouillonne de vos tourments.

Nos cœurs battent à l’unisson.

C’est ma façon d’être au monde.

Il se nourrit en mon sein. Ne me le rend pas toujours bien.

 

De mon centre - entre vos lignes - je dessine, des îles.

Il m’arrive de vous garder à vue.

 

Sur un fil, funambule je m’accroche.

Je tisse, je couds, je raccommode, je transforme, j’aime - je rapproche.

Je convoque l’avenir à coup de rêves.

 

Je fais famille à coup de trêve. Je prends des coups, au coude à coude.

Je vous protège et je cours, souvent.

Mes cordes sont escortées par le temps.

Il sait que j’ai beaucoup à faire, coûte que coûte.

Mais le temps déteste attendre.

Alors il s’impatiente et moi, petite éphémère, je cours derrière, tous les jours. Construits des ponts vers l’éternel, sème des lucioles un peu partout.

Pour vous, quand je ne serai plus.

 

Mon entre enfante des noeuds aussi. Je les dénoue à la craie,

Parfois j’écris nos chemins à l’encre des regrets.

 

Oui. Il est des jours où dans mon ventre, ça gronde.

Il pleut des cordes ici.

Parfois, Il pleure des horde de fil tordus.

Tumulte d’images et de sons trop abrupts.

 

Ces monstres là, dorment.

Mieux vaut ne pas les réveiller. Il logent au village des mémoires oubliées.

Celui des Colères Silencieuses.

Celles qui attendent juste un craquement, une étincelle.

 

Une âme les garde à l’heure qui l’est.

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai hérité des clés.

A votre place, je n’irais pas les chercher.

 

Elles sont lourdes de nos tonnerres millénaires.

Tempêtes au creux du corps. bleu du coeur.

Sillons saillants, trou béant.

De nos chairs aux enchères, hurlantes.

Arracher ma muselière.

Elle est là. Sous ma trachée. Ma haine.

Une bonne fois je dois la cracher.

Elle m’enferme. Me malmène.

Juste là dans mon centre enchaînée -

De ces vestiges de violence que faire ?

Mes propres restes m’étranglent, me serrent ASSEZ.

 

Prise dans ma propre toile, je me retrouve à terre.

Seulement alors je me souviens,

que c’est de la terre que jaillit la vie.

Il suffit d’une brindille.

 

Je me bats constamment.

Bats en retraite parfois,

pour un temps seulement.

Comme mes ancêtres.

Je renais de mes cendres.

 

Qui suis-je ? lien contigu, bout d’infini

Je suis tes sens. L’essence de ta sève.

Ça je le sens.

 

Ma force loge sous mon écorce.

Mes rides, des ponts vers les cieux.

Racines de parchemins pour les sages.

Ma puissance aussi imprévisible que les eaux de la mer.

Nourricière à travers les âges.

 

De mon ventre, de mon entre, de mon centre…

 

Hier à ton oreille,

J’ai murmuré un refrain chantant.

Toute vêtue de vent, j’ai tracé dans tes airs un élan, un mouvement.

 

Te souviens-tu ?

Hier.

Sorcière.